mars 05, 2009

Il fait crise


Comme quelque fois il fait beau ou il pleut, là il fait crise. Pas de magie là. Il n'y a PAS de MAGIE. Ô dur, oui, l’homme / l’assignation de l’homme : du mâlique chiffré à la dur. Titrisé. Aïe. Alors ici j'assigne. J'assigne - texte-teigne - du comptant-combattant, du cash. C'est signé, Ô oui, dur texte / texte-teigne ouaip / à l’ordre de / à l’assigne à... A quoi ? A quel ordre ?

Pas d’magie là, il n'y a pas de magie, souviens-toi : KAPITAL.

Il pleut, il neige, il vente, il kapital.

Alors à l’ordre de quoi ? A l’illisible, au saigné, toujours du mâlique, du textué comptant et de l'ordre, combattant. "De l’ordre de la très grande difficulté à", Ô oui, du comptant-combattant. Bien difficile / bien dur. Ouaip, dur. Quelle dureté ? Dure lecture ouaip. Une dérouillée. Du saigné ouaip, et une dérouillée.

Compte, allez la teigne, Compte. T’es rien, alors compte. Dur à lister, dur à proférer, dur à surmonter, hein ? C'est dur la profération du listing, allez 1 allez 2 allez 3. J'entends pas mais depuis là : très grande difficulté à surmonter, à compter, à sortir le chéquier ouaip, sûr.

Pourtant, faut que ça saigne. C’est là que se donne l'exploit, le râclé de compta. Aux limites extrêmes de l’échec, ça saigne, au point où même défaillir est dur, mais parié ouaip, bien parié, inassumable et signé.

Allez pauvre, 1 2 3, j'entends pas. Ouaip soldat tatata, vas-y. Ouaip l'esclave allez, t’es perdu souviens-toi, il n'y a pas d’magie là (KAPITAL etc).

Comme toi le texte est employé. Employé au brut durcissement du flux, compté, recompté, compté et recompté, couvert et recouvert de flux dingue. Ha l'esclave / ça fuit ça fuit / il n'y a pas d’magie ici, rien dans les mains rien dans les poches, pas d'magie.

Juste le flux teigne des coupures-faillites, en nombre incalculable, en incessantes petites coupures, c’est l’incessant qui fait le flux, toujours la taillade de compassion, toute la compta par terre. C'est signé, c'est checké. Ciao la teigne / en petites coupures, bien dérouillé, c'est fini t’es fini.

C’est ça, le flux tendu façon esclave, bien épaulé de machine, bien tendu à la machine-flux. Elle retend, la machine, elle retend, chaque coupe sur chaque coupe, à chaque fois en avance sur ce qui suit, morceaux chiffrés du parler-faillite, texte-listing à l’annoncer en pièces, à la découpe d’annonce de nombre, au bout de flux stoppé, bien bousculé, au bout suivant, encore pas comptabilisé, flux boucher sorcier qui se recompose à la hâte, tranchaille de pièces remodelées mâlique verbal dénombré.

Taillé, taillé, c’est ça parle-faillite ouaip. Parle-faillite en décompte. Parle-faillite à l’assignation. A la coupée d’moulés, à l’assignation de l’homme, de chiffre à chiffre, pièce montée éclatée, petite peau de boursouffle qui se retend sur l’abîme :

c’est parler-faillite, shoot de soi-baudruche, rembrané sur noir trou-duc, du comptant-combattant, du bien noir bien obscur ouaip, parle-faillite à la volée, bien schooté, bien shooté le moule mâlique, tatata bien creusé. Crise on a dit. Tatata bien crisé, point.

janvier 02, 2009

mémoire


On fait la mémoire. Par le corps. On sent la mémoire à l’œuvre, incarnée. On entend les humains dans l’Histoire. Cette coulée qui les dépasse, ils la parlent. On les entend se souvenir. Ça fuit, ça tombe, ça meurt, ça se relève, ça continue, ça recommence. Ça se calme. Ça cicatrise. Le temps soigne. C’est un " ça " : ça gigote dans la mémoire. On l’entend dans ce que disent les témoins, les rescapés, les exilés, les résistants, les combattants, les femmes de chambre, les écrivains, les secrétaires, les comptables, les maçons, les artistes-peintres, les colonels, les contrôleurs, les passeurs, les bergers, les paysans, les truands, les musiciens, les physiciens... Peut-être même les salauds, les collabos. Ils peuvent toujours dire "je", on dirait que c’est autre chose qui est envoyée dans leur parole. Un " il". Un autre. Presque quelque chose, " ça ". L’espèce humaine.

A un moment, on est témoin de soi dans l’Histoire. C'est par une sorte de discours indirect qu'un témoin relate son histoire dans l’Histoire. Il peut voir dans sa propre parole ce que cette histoire a fait de lui. L’espèce humaine est une foule de témoins.

A certains témoins, quelque chose assure une distance vitale. C’est sûrement le temps. La vieillesse par exemple, la vieillesse peut être une force. Elle lance dans l’Impersonnel. Ce qui permet l’autodérision. Il y en a qui comme ça peuvent raconter leur vie comme une suite de foirades, qui pourtant les sauvent à chaque fois. L’art de se tirer d’affaire, de tenter n’importe quoi, l’illogique, l’insensé, utiliser l’échec, improviser. Kaïros contre Kronos. Keaton, Buster, contre la machine. A un moment, l’enjeu est très sérieux, mais vivre, c’est être dans le burlesque.

Les témoins sont plongés dans l’Histoire et dans la multitude. Les témoins constatent les immenses forces extérieures qui s'abattent sur leur mouvement vital. C’est là déjà qu’il y a résistance, c’est ce qui peut s’entendre dans la voix d'un témoin. Il y a des situations où simplement tenir debout, c’est résister. La guerre. Les débâcles, les trahisons, les déportations, les fuites, les gens sur les routes, dans les trains, dans les hôtels, les bateaux, les granges, les caves. La fuite, la fuite à Marseille, vers un autre monde, vers l’exil. Là où " ça " peut vivre.

La "paix", c’est le temps de l’habitude, de l’habiter. Quelque chose comme la guerre, ça rend le temps inhabitable. Des événements sont projetés contre le mur du temps, et l’ébranlent. La maison s’écroule. C’est la guerre.

Mais ce qui gagne à la fin, c’est le temps. Ça se calmera. On longera à nouveau le temps, le mur du temps. Et les choses et les lieux du monde le rejoindront, le mur les réintégrera en son sein… Le temps sans doute peut soigner.

Chez les humains, les blocs de temps adviennent par la parole. Presque intact, du passé pur jaillit des têtes. Le temps a rempli l’intérieur des vies, et la voix le redéverse dehors. Ça se raconte. Ça remonte un mur, un mur de temps. Comme un film. Les plans sont des briques de formes différentes. Il faut trouver un emboîtement. Il existe tant d’occasions de sentir l’hétérogénéité qui fonde l'existence. Le disparate, l’impossibilité d’effectuer une totalité, voilà ce qui se montre comme ma véritable condition. Le seul mortier, c’est le temps, le seul liant. Nous sommes alliés.

juin 22, 2008

caldo de cabeza, sin agua, sin cabeza



Paupières en fentes bien noires, bien serrées, bave pâteuse en boule molle sèche accumulée, lui, l'soiffard égaré, se garde en gargarité le peu d’humide, le si peu d’humide qui lui reste, de son sécrété si presque sec, de ses humeurs quasi taries, qui font des paquets de sécrétions grégaires, collantes et bien massées aux commissures, que de réserve une dernière vigueur lui fait lécher quand il peut, et ramener roidement vers la gorge cartonnée. Aimerait boire sa propre salive, s'il y en avait plus. S'il y en avait encore, fluide, limpide, de la salive. ça cogne comme jamais, mais faut que ça avance, même dans l'accablant. Dur travail d’assoiffé. Il marche, il continue, il perpétue la cadence, mais c'est pas lui qui va. Un soleil le suit ou le pousse, on peut pas dire. Mais on peut dire que son mouvement à ce moment, c’est ça, c’est ça et c’est peut-être seulement ça, pourtant rien ne se lit sur son visage ébloui, sur cette peau de gueule si plissée, si criblée de tant de sèches bouches, de toutes ces petites bouches pincées, bouches d’asphixe et d’aphone qui rabougrissent sa face.

Finit par manquer d’air mais continue, il a pas le choix, situé dans la déroute, avec la tête cuite en peau tannée, plongée comme ça depuis quand il sait plus, sa gueule crânienne noyée comme ça dans la taisure de la marche à seul, c'est plus si sûr que ça soit encore lui qui soit là où sa tête se tient. Lui, c'est-à-dire un bon moi. Mais ça repart, ça continue encore.

Dans le si vaste espace, celui maintenant qui s'est levé et qui marche là, trace droit tant qu'il peut, au long d’une ligne qu'il conçoit toute droite dans le crânien, et se garde bien de la gargue aride, et se garde bien du rogue de l’aphone, du perdu au désert, à l’erg et au reg du grand désert soufflant, au geste sévère du vent. Tant qu'il peut il s'en garde, il suit toujours bien comme il faut sa ligne branlante qui tient plutôt droit dans l’imaginaire qui lui reste. Quelque chose commence à perdre l’individu dans l’embrouille bien spéciale d’une espèce de toujours-pareil géographique, ça tous les égarés connaissent, mais quand bien même faut pas stopper la sèche marche d’égaré taiseux qui tient lieu du discours. Et d'erg à reg, gercé, suffoqué, à la perte de sa gueule, c’est pas vraiment qu'il se taise en fait, mais qu'ici, pour lui, rien n’est pouvoir-dire.

De sables en pierres, c’est l’aphone, c’est le mutique, partout où il va, partout où il stationne, où il reprend, s'assied, se couche, se lève. Où il foule, où il gratte la terre. Où il rebrousse un peu pour repartir. Où il fait des trous, soulève des pierres. Où il saisit le sable pour frotter la corne des pieds. N'y a plus de visage là, et comme ça au milieu du mutique, le mutique en marche avance dans l’effacé en cours, et d’erg à reg et de reg à erg, le mutique amoindri sa gueule marchant à la déroute, en continu, et plus le désert s’enfonce en désert, plus la déroute fait surface en déroute. Au désert, à la déroute, le mutique marche l'effacement, à la place de la gueule toujours l'effacement gagne, c’est là que ça commence à changer en autique, si l'on peut dire, c’est là d’où mute le mutique. Du mutique à l’autique, un toujours plus mutique en tout cas.

Voilà ce qui se passe : du méconnaissable, ça s'passe sur cette ligne continument semblable, avec toutefois des variantes minimes, ou bien des variantes plus flagrantes, mais tellement cycliques et pareilles, comme d’erg à reg et de reg à erg. C’est bien là qu'il y a encore chose naissante, du moins ça commence de commencer, mais en même temps, pourra jamais dire vraiment quand ça bascule. Et va et vient le corps en déroute, et va et vient le sans-geule marchant, et tapé d'soleil au désert, il va il vient, et d’erg à reg et de reg à erg, dans sa déroute, le corps dégueulé suit la tendance circulaire. Comme sur le cercle invisible qui barre sa figure, comme celui-la dont la boule se perd dans l’indifférent. D'la progression on pourrait dire que ça déserte, que ça déserte oui, d’erg à reg et de reg à erg, la déroute s’enfonce et mute l’homme mutique, et l’homme mutique quitte l’homme, et tout sombre et mute en dedans dans le dehors, grand indifférent. Ça déserte en virant le reconnaissable, et encore ça efface, et toujours plus, et il y a toujours moins de figure. D’erg à reg et de reg à erg, ça mute ça vire oui, mais en quoi, on peut plus dire. Semblable au sable, le silence avance en lui, et varie comme la dune, en immobilité.

juin 18, 2008

On est tous le sphinx de quelqu'un


Là dans la yurt, ça semble une caboche. Igualito, yurt et teste mesme lutte. En yurt il y a place pour le sphinx, bonhomme caboché mixé animal, l’mongol intérieur alliancé volatile, le Jah Klacan chamanant l'idiome, n'parlant pas la lang-de-l'hom mais la langue des choses, la langue du raz d'yurt.

En yurt il y a donc place pour les chiffrements d’sens cachés, graînés dans l'sol végétalisé, il y a place pour ce genre de chiffrements qu'il faut dépêtrer l’œil au pié, l’pié dans la signif, qui faut démêler vec l’orteil, ou même y aller à 4 pattes, tal que l’animal, en bon animaliste, il faut l’tirer, l’brouter bien animalistement, vec la mordante, vec la bouche à l’horizontale, à raz du sol, no pas la bouche phonatoire, no pas seulement la parlante, mais la mordante.

Car c'est bien la mesme bouche qui dit, c’est bien la mesme qui fouille dans les tapis d’signif chiffrée, c’est bien la mesme que celle qui mange la matière, qui fait du mutique et qui fait de l’énigmatique, qui fait du corps par la bouche. C'est bien par cet orifice que sphingeons.

Voyons bien qu'en yurt le bonhomme ne tire point dignité de sa position (4 pattes à manger du signifiant, on fait plus noble) mais de son adresse toute féline et démocratique, de son goût cultivé pour le ravin où tout se rejoint.

Un pintor avait dit jadis, l'avions entendu dire “ j’étions ravin du monde ”, savions pas d’où ça sortait mais l’pintor avait razon, ¿ n'avait-il pas razon de dire cosa pareille ?

Lo que la bouche busque en la yurt, c'est une langue donc, c'est bien une langue de ravin. A ce moment d’la vie parlante, en la sorte de raclement de fond de ravin, tal qu'el pintor avait profitablament énoncé, devons toujours busquer la langue qui ferait tenir notre vie dans notre parole.

En ce râlement palabré ferions, de notre vie, une vie ravinée par les voix d’ravin, une vie ravinée des voix du vrai monde, le monde plus grand que le mond'poche, la grande poche du monde s’écoulant en foule au ravin, s'écoulant au ravin du dire qui fonde ce moi pris dans une langue de l’autre.

Ainsi ce moi, tal que parti à la busque, à la fouille, à la creuse, avec toi mon ami, expatrié, icelui de qui s'inaugure un laïus hautement partagé, un dialogue de sphinx, mysterious speach, d'où la lang-de-l’hom violancée change notre vie parlante, la mute vers autre chose, respond au besoin d'une autre vie parlante, d’une autre langue, bougresse et philosophique, d’une langue creusée ainsi, d’une langue creusante.

Voulons faire de notre vie une énigme, car tu vois bien que leurs vies sont ça, ne sont que ça, des énigmes. Icelles, têtes parlantes, aussi les autres, têtes imparlantes. On est tous le sphinx de quelqu'un. Et quelque part toute chose est la sphinge d’une autre, même à l’autre bout du grand monde, même quand ça n'dit rien d’audible. Entre les choses du grand monde, il y a ceci : tout se relie dans l’énigme.

Même dans le mond'poche, même à la citadelle europe, même en oxy-dent mes salauds, on est au ravin.

Jah Klacan

juin 06, 2008

ma langue va mourir



Ma langue va mourir. On le dit, et sans doute en va-t-il des langues comme des civilisations, des religions. Ma langue va naître puisque j'écris, puisque nous l'écrivons, la parlons. Il faut à cette jeunesse toujours commençante le suppport d'une insondable vieillesse. Qui parle de décadence ? Les moribonds seulement, les muets, les traîtres,les bavards, les impuissants.

La langue naît d'une rupture : Elle n'en peut plus tout à coup d'être au service de ses références, de les nommer, de les refléter. La langue française est naturellement soumise au signifié : elle doit fournir des preuves, détailler des comptes, fixer des règles, donner la représentation. Mais soudain, rupture, et non pas générale, rupture dans une bouche particulière, qui devient le lieu d'origine de la révolution.

En France, la langue commune est tributaire des choses et du pouvoir : elle ne crée pas, elle enregistre. Il faut se désolidariser de cette articulation normale pour que naisse - dans cette langue mienne - la jubilation d'une liberté qui jaillit de la rupture individuelle. Alors, un instant au moins, tout se retourne à partir d'une bouche, et ce n'est plus le monde qui justifie les mots, car les mots l'éclairent.

Il y a dans ce pays un vieux complexe de légitimation : tout doit servir et tout est reconnu par rapport à la place occupée, mais qu'est-ce qu'une reconnaissance qui s'établit en délimitant ? La langue française a pour rôle d'ancrer ces limites, de les naturaliser par la nomination. Elle est aussi la substance du pouvoir. Elle est en soi médiatisante puisque, sous le prétexte de les faire communiquer, elle fige chacun et chaque chose dans sa fonction la plus servile.

Ma langue est morte dans le discours culturel. Ma langue remue son propre cadavre, le tourne, le relève. Ma langue naît dans la langue morte : elle arrache la peau qui trop signifiait, elle agite en l'air ce verbe défait, et le sens lui vient comme vient le souffle sur la nudité...

Cette langue-là n'est plus française dans son français : elle fait du monde son signifiant, et celui-ci modèle toute forme, car la chair se fait verbe pour que les corps soient l'avenir des mots...



Bernard Noël

septembre 24, 2007

Construire la yourte



Construire la Yourte c'est déjà partir. Partir d’une violence faite à la langue dans la langue, partir d’une nécessité personnelle de violanguer l’idiome natal.

À un moment le besoin existe de quitter la langue du dedans, besoin de faire un dehors à l’estouffade langagière, de tromper la langue, en bon traître, en fils indigne, en adule-terre. C’est ce que je veux nommer par le nom de yourte, ce mouvement tellurique d’un dedans vers un dehors de la langue. Dehors, c’est la yourte, dedans, c’est le mond’poche, tissé par la lang de l’hom. Moi pour l’occasion, c’est Jah Klacan.

Construire la yourte, c’est aussi partir dans un autre sens, qui contredit la notion précédente du « partir de », du « point de départ », de l’origine en somme. Toujours déjà parti. C’est être à la recherche d’un site agissant, mais qui n’aurait presque pas besoin d’exister, ou besoin seulement d’un presqu’exister, qui s’écrirait comme la géographie d’une quête pouvant se perpétuer partout, parce que justement privée d’un lieu où l’assigner. Une yourte, babel en kit, un habitat pour foutre le camp.

Yourter la langue, ou faire la yourte dans la langue, si l’on prétend se faire comprendre, comment ce nuage de sens pourrait-il encore être éclairci ? Faire la yourte, yourter la langue veut dire :

J’habiterai la langue à ma manière propre, je déjouerai les assignations de la langue (ses effets de dominance), je la rendrai habitable, espérant par là rendre habitable le monde lui-même.

Je deviendrai un redresseur de tort, une sorte de batman, de robin des bois, un zorro de la langue. Je vengerai les opprimés, les assignés, les malparlants, avec pour masque le nom de Jah Klacan.

Sphinge à Klacan



Ici dans la yourte, vivants se font sphingeants, habitant l'énigme en source de langue, soyant au chaud à la yourte, là où le vent parole attend, sphingeons à la yourte en plein dans l'énigme, où les vivant s'prennent la culbute de silence yourté, soyons à la yourte avec les choses dedans, l'poêle de fonte, l'tapis langue, l'vent parole, l'image radicelle, l'sexe animal, bref tout bastringue qui fait la chaire énigmatique et déculturante des mots tapis, la sphinge qui bien incrustée d'motifs entrelaçant, s'enlace en répétition.

En verve à commencement, ça sphinge, ça sphinge et la vie-là s'énigmatise en rien d'commun. Dans la yourte ça sphinge, ça fait du rien d'commun, ça sphinxifie l'existant. C'est dans la yourte que sphingeons mais depuis-là s'communisons quand même, tendons à ça, à s'communiser comme ça peut, vergogne au vestiaire voulons s'proférer ici, entre les vivants qui sont là, et les vivants qui sont là sont plus dans l'comprendre mais dans l'viv, et s'trouver comme ça dans l'viv c'est viv tant qu'on vit dans la vie, dans l'faire et dans l'sentir, c'est-à-dire entre les choses du monde, comme celles d'avant la langue et comme celles d'après.

avril 20, 2007

impouvoir et poisonnement



si le peuple manque, s’il disparaît, s'il est peuple en mourance (comme le sentons bien comme il faut ces temps-ci) c’est que quelque chose tue ce qui pourrait faire peuple-là, aujourd'hui, maintenant.

Et bien radotons, radotons : pensons que cette chose est langue-de-l’homme. Langue-de-l'homme est poison d'un peuple. Langue-de-l'homme fait du rien là où il y aurait du possible, langue-de-l'homme absente le quelque chose en germe de peuple. Langue de l'homme est le langage construit pour que certaines choses ne soit pas dites, pour que personne ne puisse plus les dire. Alors ne pas croire qu'il y aura de nouveau peuple sans nouvelle langue ! Plus jamais peuple sans autre langue que langue-de-l’homme, qui est poison ! Pour l’autonomie symbolique de la gente humaine, pour faire peuple là où langue-de-l'homme ne le dit pas, étranglez l’homme dans sa langue serpentine, dans cette langue de pouvoir et poison !

Pour vivre pour de bon parlez autrement qu'en langue de pouvoir et poison ! Etudiez la langue de pouvoir et poison, et regardez : quand croyons dire quelque chose, c'est elle qui parle, c'est elle, la langue, qui parle ce que soyons, qui dit ce que vous êtes, c'est elle etc... Alors inspectez bien l'endroit d'où ça poisonne, l'endroit d'où ça parle et où ça assigne, car l’antidote, croyez bien que c’est encore parler, croyez bien que l’antidote c’est d'encore faire langue, et d'faire pencher la langue vers une autre langue, une langue travaillée d’vérité. Que vérité travaille ta langue, camarade, qu'elle soit travaillée dans l'parler cette vérité de langue ! Que vérité mette en branle la langue est l’antidote !

Mais pas la vérité du genre “Moi Vérité, grand'souveraine du grand discours ”, non pas "l'bon jugement d'la bonne parole en grand’pertinence ”, ça encore c’est pouvoir et poison !

L'antidote est qu'il y ait langue d'une vérité qui est nous, qui n'est pas autre chose que nous, vie dans la vie, la vérité-là c'est ce que vivons-là, c'est l'expérience de créature, qui est du dedans de la vie, c'est ça vérité, c'est pas l'discours véridique de faux créateur, de théoricien du dessus-de-vie à la petite semaine ! La vérité c'est pas la démiurgique de tout-puissant qui se met soi-disant hors situation, qui s'assigne à une bonne place sans existence, qui se crée son petit dehors-à-décréter, qu'est rien d'autre que le jugement qui t'assigne à un dedans pauvre et sans mot, merdeux et aveuglant.

Fabrique une langue pour voir ! Créature la lang-de-l’hom ! Impouvoire-la ! Fais l'dehors de langue-de-l'homme, fais une langue du dedans ! Fais une parole de créature ! Vide la baudruche ! Aime vérité ! Ecoute la langue d’Oiseau ! Ecoute l'énigmatique-là, la langue de monde vivant ! Rend-toi à l’évidence, vide la baudruche à la louche ! Rend-toi à la louche évidence ! Va t'en mouler ton fromage à toi ! Va t’enténébrer dans l’incarnat, en créaturielle fromagéité ! Vois si là y'aurait du possible, du praticable !

mars 06, 2007

Jah Klacan, un redresseur de tore (3)


Si yourtons colère, si nous mettons sous sa coupe, si sous la coupe à grognante trempons langue et décivilisons l'idiome, c'est que sentons nécessaire de faire cette sorte de contre, de faire un bon non de négation dure à l'intérieur du cours tranquille de la langue à dominer. Et là encore c'est pas assez, Klacan encore un effort pour faire la yourte ! Faut que fassions du contre, du contre et du contre et du contre, pouvons l'dire là, pouvez l'affirmer oui, pouvez même dire voilà ce qu'ils font, et ils font seulement ça : chignolent n’importe comment dans la langue pour faire du contre, sont un peu cons... Mais ça creuse et ça bastonne contre une langue, la langue-de-l'homme, et ça suffirait bien, car tenir du martial, à certains moments, c'est ce qui faut pour pas étouffer, pas crever sous sa planche.
Pensons qu'il y a encore à paroler, et à paroler pour ne rien dire en quelque sorte, trouver rien à dire d'autre qu'une autre langue, juste pour mettre à jour tout ce qu'agite ce dedans troué, tout ce qu'avions dans le dehors caboché qui nous tient lieu de monde.
Car monde-poche est monde pensé-fabriqué, mais par qui, et comment ?
Avons fâcheuse intuition que ce monde-poche où sommes nés, où sommes priés de tenir malgré tout, est pensé à même la langue, qu'il est comme bâti pour rentrer dans une seule langue, qu'il est comme construit de telle sorte qu'il tienne sous la pire planche assignante, qu'il est organisé pour être discouru comme ça, d'une certaine manière où il n'y aurait plus rien à dire d'autre que ce qui est déjà dit...
Alors yourter langue induit colère, oui biensûr, yourter c'est nous barbariser pourrions dire, au sens où à chaque petit empire de chaque dedans, lui montons son dehors, à chaque fiefé pouvoiré, lui démontons son puzzle à verber, et bien yourté, lui poussons sa petite poussée barbare. S'il y a violence-là, c'est parce que dans ces eaux-là, cherchons, creusons, et assumons ce que trouvons, comme là ces bouts ces mots que tu lis, les assumons violemment contre toute l'assignation que ressentons là où ça parle. Hystérisons la conversation mais tant pis, faut que ça cogne là où ça m'assigne... que comme ça que bousculons les entre-quatre-planches qu'on est, un tant soit peu, dans l'ébranlement d'une langue autre, pas faites pour t'assigner. Voilà qui changerait, non ?

Qu'les mots rampent et gouttent aux routes,
aux stries du territoire-bouillon !

février 27, 2007

il n'y a pas de langue-mère

Il n'y a pas de langue-mère, mais prise de pouvoir par une langue dominante dans une multiplicité politique. La langue se stabilise autour d'une paroisse, d'un évêché, d'une capitale. Elle fait bulbe. Elle évolue par tiges et flux souterrains, le long des vallées fluviales, ou des lignes de chemins de fer, elle se déplace par tache d'huile.
Deleuzé Goitarry

février 08, 2007

TouzensembleuTouzensembleuOuai ! Ouai !


Tambouillons langue de l'homme, moulons-la à la louche, camarade ! Sédimentons l'énigme en parole, pour qu'elle ressemble à ce qu’avons dedans, à ce que sentons dehors, qu'au réel ça ressemble un tant soit peu cette foutue langue ! Au réel qu'est là moulé dans la vie, et même plus louché qu'moulé, à la louche ravinons la vieille planche de l’homme, sa planche à discourir l’assignation, bien la miter sa planche, la miter en vermoulures moulées, et jusqu’aux nœuds lacaniens, les fâmeux, parce que l'mot, selon Jah Klacan, n’est pas-seulement-signe-mais-nœud-d'significations. Et parce que la planche de l'homme, tous y mordons, la planche à dominer, tous y avons l'croc planté, dans la planche d'assignation, certains l'avons jusqu'en travers de la gorge la planche, voilà où gît la langue de l'homme, voilà l'endroit du véritable empêchement, allons faire les termites, la planche la mitons, la rabotons et lui pelons les lambeaux, lui remixons les sciures en agglomérats, et les noeuds de langue, les faisons tourner dans la bouche comme vieux quarante-cinq tour, et entre moi et ma caboche calons les bouts d'planche remixée, les tournons en tournu'jargoneux. C'est la bricole où cuisinons, c'est la kitchen où bricolons, c'est là qu'hurlons, comme y jurons, c'est là qu'yourtons, c'est la yourte gutturale où fromageons la langue de Gaulle.

je-ne-comprends-pas


le plus souvent, je-ne-comprends-pas revient tacitement à cette injonction : «parle dans ma langue». Pas dans la yourte.
Là il n'y a rien, à proprement parler, à comprendre, si parler peut se faire proprement, il n'y a rien à comprendre, rien que la langue de l'autre, rien que DE la langue, rien que DU dire, rien qu'une modulation sonore qui comprend (au sens d'un contenir) une adresse, un appel. Tu dis Je-ne-comprends-pas, mais il n'y a pas à comprendre, il n'y là aucune sorte d'argument. Je-ne-comprends-pas, ici tu ne peux le dire, tu ne peux pas dire que cela tu ne le comprends pas. Je ne te connais pas, mais voilà ma théorie sur toi, ma yourthéorie, camarade.